ShanHaiJing (山 海 經), le classique des montagnes et des mers et le Phoenix FengHuang (凤凰/凤皇)
Dans le ShanHaiJing (山 海 經), le classique des montagnes et des mers, il apparait plusieurs passages parlants du FengHuang (凤凰 / 凤皇), le Phoenix.
Passage 1 : Nanshanejing 南山经, (南次三经), décrit FengHuang et souligne le symbolisme de ses parties du corps :
Texte chinois :
有鸟焉,其状如鸡,五采而文,名曰凤皇,首文曰德,翼文曰义,背文曰礼,膺文曰仁,腹文曰信。是鸟也,饮食自然,自歌自舞,见则天下安宁。
Pinyin :
Yǒu niǎo yān, qí zhuàng rú jī, wǔ cǎi ér wén, míng yuē Fènghuáng, shǒu wén yuē dé, yì wén yuē yì, bèi wén yuē lǐ, yīng wén yuē rén, fù wén yuē xìn. Shì niǎo yě, yǐnshí zìrán, zì gē zì wǔ, jiàn zé tiānxià ānníng.
Traduction française :
Il y a un oiseau, on dirait un coq, avec cinq plumes colorées formant des motifs.
Son nom est Fenghuang.
Les motifs de sa tête signifient la « Vertu » (德 dé),
Ceux de ses ailes signifient la « Justice » (义 yì),
Ceux de son dos signifient les « Rituels » (礼 lǐ),
Ceux de sa poitrine signifient la « Bienveillance » (仁 rén),
Et ceux de son ventre signifient la « Sincérité » (信 xìn).
Cet oiseau prend ses repas avec un rythme naturel, il pourrait chanter et danser.
Lorsqu’il apparaît, c’est le signe que le monde est en paix.
(ce passage décrit le mont Danxue 丹穴之山, d’où naît la rivière Dan qui coule vers la mer du Sud.)
Passage 2 : Nanshanejing 南山经 — Mont Nanyu 南禺之山
Texte chinois :
又东五百八十里,曰南禺之山,其上多金玉,其下多水。有穴焉,水出辄入,夏乃出,冬则闭。佐水出焉,而东南流注于海,有凤皇、鹓雏。
Pinyin :
Yòu dōng wǔbǎi bāshí lǐ, yuē Nányú zhī shān, qí shàng duō jīn yù, qí xià duō shuǐ. Yǒu xué yān, shuǐ chū zhé rù, xià nǎi chū, dōng zé bì. Zuǒ shuǐ chū yān, ér dōngnán liú zhù yú hǎi, yǒu Fènghuáng, Yuānchú.
Traduction française :
Plus à l’est, à cinq cent quatre-vingts li, se trouve le mont Nanyu (南禺之山).
Son sommet recèle beaucoup d’or et de jade, et sa base est riche en eau.
Il s’y trouve une grotte d’où l’eau sort puis rentre : elle s’écoule en été et se referme en hiver.
La rivière Zuo (佐水) prend sa source ici et coule vers le sud-est jusqu’à la mer.
On y trouve des Fenghuang et des Yuanchu (鹓雏, un oiseau de la famille du phénix, au plumage majoritairement jaune).
(郭璞 Guo Pu commente que le Yuanchu est « également de la famille du fèng ». C’est cet oiseau que Zhuangzi évoque dans sa fable : il ne se pose que sur le mûrier blanc, ne mange que le fruit du bambou, ne boit que l’eau des sources pures.)
Passage 3 : Haiwai Xijing 海外西经. La plaine de Zhuyao 诸夭之野
Texte chinois :
诸夭之野,鸾鸟自歌,凤鸟自舞。皇卵,民食之;甘露,民饮之,所欲自从也。百兽相与群居。在四蛇北。其人两手操卵食之,两鸟居前导之。
Pinyin :
Zhū Yāo zhī yě, luán niǎo zì gē, fèng niǎo zì wǔ. Huáng luǎn, mín shí zhī; gānlù, mín yǐn zhī, suǒ yù zì cóng yě. Bǎi shòu xiāng yǔ qún jū. Zài sì shé běi. Qí rén liǎng shǒu cāo luǎn shí zhī, liǎng niǎo jū qián dǎo zhī.
Traduction française :
Dans la plaine de Zhuyao (诸夭之野), les oiseaux luan (鸾) chantent librement et les oiseaux fèng (凤) dansent librement.
Les œufs du Fenghuang, les habitants en font leur nourriture ; la rosée sucrée, ils en font leur boisson ; tout ce qu’ils désirent se trouve ici à leur portée.
Toutes sortes d’animaux sauvages y vivent ensemble en troupeaux.
Ce lieu se trouve au nord des Quatre Serpents.
Les habitants saisissent les œufs à deux mains pour les manger et deux oiseaux marchent devant eux pour les guider.
Passage 4 : Haiwai Xijing 海外西经. Description du Fenghuang
Texte chinois :
有鸾鸟自歌,凤鸟自舞。凤鸟首文曰德,翼文曰顺,膺文曰仁,背文曰义,见则天下和。
Pinyin :
Yǒu luán niǎo zì gē, fèng niǎo zì wǔ. Fèng niǎo shǒu wén yuē dé, yì wén yuē shùn, yīng wén yuē rén, bèi wén yuē yì, jiàn zé tiānxià hé.
Traduction française :
Il y a là un oiseau luan (鸾) qui chante librement, et un oiseau fèng (凤) qui danse librement.
Les motifs de la tête de l’oiseau fèng signifient la « Vertu » (德), ceux de ses ailes signifient la « Soumission harmonieuse » (顺 shùn), ceux de sa poitrine signifient la « Bienveillance » (仁), et ceux de son dos signifient la « Justice » (义). Lorsqu’il apparaît, c’est le signe que le monde est en harmonie.
Passage 5 : Hainei Xijing 海内西经. Autour de la montagne Kunlun 昆仑虚
Texte chinois :
开明西有凤皇、鸾鸟,皆戴蛇践蛇,膺有赤蛇。 开明北有视肉、珠树、文玉树、玗琪树、不死树。凤皇、鸾鸟皆戴瞂。
Pinyin :
Kāimíng xī yǒu Fènghuáng, luán niǎo, jiē dài shé jiàn shé, yīng yǒu chì shé. Kāimíng běi yǒu shìròu, zhū shù, wén yù shù, yúqí shù, bùsǐ shù. Fènghuáng, luán niǎo jiē dài fá.
Traduction française :
À l’ouest de la bête Kaiming (开明, le gardien de Kunlun), se trouvent des oiseaux Fenghuang et des oiseaux Luan.
Ils portent tous des serpents sur la tête, foulent des serpents sous leurs pattes et ont un serpent rouge sur la poitrine.
Au nord de la bête Kaiming, on trouve la chair vivante (视肉), l’arbre aux perles, l’arbre de jade peinturluré, l’arbre aux gemmes yuqi, et l’arbre d’immortalité.
Les Fenghuang et les oiseaux Luan portent tous des boucliers sur la tête.
(Ce passage décrit l’environnement sacré du mont Kunlun 昆仑虚, résidence céleste de l’Empereur d’en haut, gardé par la bête à neuf têtes Kaiming.)
Passage 6 : Dahuang Xijing 大荒西经. Trois noms pour l’oiseau aux cinq couleurs
Texte chinois :
有五采鸟三名:一曰皇鸟,一曰鸾鸟,一曰凤鸟。
Pinyin :
Yǒu wǔ cǎi niǎo sān míng: yī yuē huáng niǎo, yī yuē luán niǎo, yī yuē fèng niǎo.
Traduction française :
Il existe un oiseau aux cinq couleurs qui porte trois noms : l’un est l’oiseau Huang (皇, la femelle du phénix, c’est-à-dire la 凰), l’un est l’oiseau Luan (鸾, proche du phénix), l’un est l’oiseau Fèng (凤, le phénix mâle).
(on retrouve la notion des trois trésors,les san bao, dans ce passage)
Passage 7 : Dahuang Xijing 大荒西经. La plaine fertile de Wo 沃之野
Texte chinois :
西有王母之山、壑山、海山。有沃之国,沃民是处。沃之野,凤鸟之卵是食,甘露是饮。凡其所欲,其味尽存。爰有甘华、甘柤、白柳、视肉、三骓、璇瑰、瑶碧、白木、琅玕、白丹、青丹,多银铁。鸾凤自歌,凤鸟自舞,爰有百兽,相群是处,是谓沃之野。
Pinyin :
Xī yǒu Wángmǔ zhī shān, Hè shān, Hǎi shān. Yǒu wò zhī guó, wò mín shì chǔ. Wò zhī yě, fèng niǎo zhī luǎn shì shí, gānlù shì yǐn. Fán qí suǒ yù, qí wèi jìn cún. Yuán yǒu gānhuá, gānzhā, báiliǔ, shìròu, sān zhuī, xuánguī, yáo bì, bái mù, lánggān, bái dān, qīng dān, duō yín tiě. Luán fèng zì gē, fèng niǎo zì wǔ, yuán yǒu bǎi shòu, xiāng qún shì chǔ, shì wèi wò zhī yě.
Traduction française :
À l’ouest se trouvent la montagne de la Mère-Reine de l’Ouest (西王母), la montagne He et la montagne Hai. Il y a là un pays nommé Wo (沃民国), où vivent les gens de Wo.
Dans la plaine fertile de Wo, les habitants se nourrissent des œufs du phénix fèng et boivent la rosée sucrée.
Tout ce qu’ils désirent avoir comme saveurs se trouve ici à portée.
On y trouve également les plantes Ganhua, Ganzha, le saule blanc, la chair vivante, le cheval Sanzui, les jades précieux xuangui et yaobei, l’arbre blanc, la pierre langgane, le cinabre blanc, le cinabre bleu, ainsi que beaucoup d’argent et de fer.
Les oiseaux luan chantent librement, les oiseaux fèng dansent librement, toutes sortes d’animaux sauvages y vivent rassemblés : c’est ce que l’on appelle la plaine de Wo.
Passage 8 : Dahuang Nanjing 大荒南经. La plaine de Duguang 都广之野
Texte chinois :
西南黑水之间,有都广之野,后稷葬焉。爰有膏菽、膏稻、膏黍、膏稷,百谷自生,冬夏播琴。鸾鸟自歌,凤鸟自儛,灵寿实华,草木所聚。爰有百兽,相群爰处。
Pinyin :
Xīnán hēi shuǐ zhī jiān, yǒu Dūguǎng zhī yě, Hòu Jì zàng yān. Yuán yǒu gāoshū, gāodào, gāoshǔ, gāojì, bǎi gǔ zì shēng, dōng xià bō qín. Luán niǎo zì gē, fèng niǎo zì wǔ, líng shòu shí huá, cǎomù suǒ jù. Yuán yǒu bǎi shòu, xiāng qún yuán chǔ.
Traduction française :
Au sud-ouest de la rivière noire se trouve la plaine de Duguang (都广之野), où est enterré Hou Ji (后稷, l’ancêtre mythique de l’agriculture).
On y trouve les riches légumineuses, le riz et le sorgho gras, le millet ; toutes les céréales y poussent naturellement, et l’on peut semer en toute saison.
Les oiseaux luan y chantent librement, les oiseaux fèng y dansent librement.
Les fleurs sont en pleine floraison, les herbes et les arbres y sont nombreux. Il y a des centaines de bêtes d’animaux sauvages qui y vivent ensemble en troupeaux.
Interprétation :
Dans la tradition des Wu, le phœnix rouge est le gardien mythique de la direction du Sud.
Le Sud est en lien avec la saison de l’été, l’apogée du yang.
C’est également la saison en lien avec le cœur, le sang et le Shen, l’Esprit.
Le texte nous parle de cet oiseau, de son rapport avec la danse, la joie, la paix, l’harmonie.
Il nous parle aussi de divers endroits où le phœnix apparait, divers lieux sacrés où tout semble prospère, paisible harmonieux, riche, un peu comme si c’était le jardin d’éden.
En cette période de l’année du Cheval de Feu, 2026, où tout semble partir dans tous les sens, où le chaos arrive dans bien des endroits sur cette planète, nous serions bien inspirés de nous reconnecter aux anciennes sagesses et d’inviter FengHuang, le phœnix, à entrer dans nos vies pour plus de paix, de joie et d’harmonie.
Le prochain temps pour se connecter au Phoenix, apprendre de son calme, de son insouciance et de sa paix intérieure est programmé au mois de mai.
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